Répartition des richesses & amalgames
Ces dernières semaines, on entend tout et n’importe quoi à la TV à propos de la répartition des richesses, du salaire des patrons, du pouvoir d’achat des Français, etc. Tentons d’y voir un peu plus clair…
- D’abord, intéressons-nous à une idée plutôt saine en temps de crise : plafonner les salaires des dirigeants des banques aidées par l’Etat. Il parait bien normal qu’une entreprise en grande difficulté n’octroie pas de rémunération choquante à ses dirigeants. Mais certains, souvent appuyés par “la rue” ont envie d’aller plus loin et de limiter les salaires de tous les dirigeants, même lorsque leurs résultats sont bons, c’est à dire lorsque l’entreprise qu’ils dirigent est largement bénéficiaire. Le point ici n’est pas de débattre du bien-fondé de cette idée, mais plutôt de s’intéresser aux motivations avancées par les demandeurs. Les termes “limiter les dérives d’un système capitaliste devenu mauvais” reviennent souvent. Or, ce n’est pas en diminuant la rémunération du travail que l’on s’attaque à un “système capitaliste”. C’est même exactement l’inverse. Les gros salaires, par définition, rémunèrent un travail, et non un capital ! Rien à voir donc avec une limitation des “abus capitalistes”…
- Ensuite, précisons quelques chiffres. En 2007, la valeur ajoutée des entreprise s’est répartie comme suit : 500 milliards d’euros de salaires ont été distribués par les entreprises en France, 190 milliards d’euros ont été investis et 80 milliards ont été distribués aux actionnaires (dont la moitié en dividendes, soit 40 milliards). On voit donc que la rémunération globale des actionnaires (donc celle du capital) ne représente même pas un cinquième de la rémunération globale des salariés (donc celle du travail). Et si l’on parle uniquement des dividendes, ce n’est même pas un dixième ! Où est donc ce “méchant système capitaliste qui privilégie le capital plutôt que le travail” ?









Le problème est une question de proportion. En prenant des chiffres imaginaires:
- 500 milliards d’euros de salaires ont été distribués à 20 millons de salariés (moyenne de 25 000).
- 80 milliards ont été distribués aux actionnaires: 1 millons d’actionnaires (moyenne de 80 000).
Voilà ou est le problème de la répartition des richesses…
Effectivement. Mais n’oublions pas que tout le monde peut devenir actionnaire, et ce, grâce à de l’argent gagné avec sa propre force de travail…
(Ca sent le gros troll ce billet….)
Corentin, demandez donc à un smicard s’il peut devenir actionnaire.
A mon avis il y a un problème dans tes chiffres. La répartition des richesses travail/capital est plutôt de l’ordre de 65% (w) et 35% (K), chiffres communément admis (y compris par des économistes de gauche) et qui sont en effet étonnamment stables depuis 30 ans.
Voici deux sources sérieuses et détaillées :
http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2009/02/17/partage-des-profits-confusion-des-esprits/
http://www.debateco.fr/157,1073/20090305-prudhomme-partage-richesse-travail-capital-entreprise-pib-valeur-ajoutee-productivite.html